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Il y a ces temps une prise de conscience que nous sommes en train d’atteindre les limites physiques de la Terre. Nous ne pouvons continuer à polluer à une telle vitesse, ni satisfaire sans fin notre appétit croissant en énergie et matières premières. Nous sommes si gaspilleurs avec le pétrole et les autres énergies fossiles que nous avons mis au point un système de production de nourriture qui nécessite 10 calories pour chaque calorie de nourriture produite.
Passer à une agriculture biologique pourrait réduire ces intrants élevés de manière significative, vu que les fertilisants chimiques et les produits phytosanitaires sont gourmands en énergie. Mais l’agriculture biologique se base toujours sur une mécanisation lourde et une infrastructure de transport, donc le processus global de production et de distribution de cette nourriture consommerait toujours plus d’énergie qu’il n’en produit. L’agriculture paysanne traditionnelle peut inverser cette situation et fournir dix calories pour chaque calorie investie. Cette énergie est ici pratiquement entièrement fournie par le travail du fermier, ou celui de ses animaux, et là est notre soucis : que notre seul choix soit entre un style de vie énergivore ou une vie de forçat.
Mais il y a une troisième voie, nommée permaculture.
La permaculture englobe plusieurs idées et techniques qui ne lui sont pas propres : certains sont des techniques paysannes traditionnelles, d’autres font appel à la science moderne et aux technologies. Ce qui la rend unique est qu’elle imite les écosystèmes, qui sont des communautés naturelles de plantes et d’animaux sauvages, tels que les forêts, prairies et marais. Imaginez une forêt naturelle. Elle a une haute canopée d’arbres, une couche plus basse de petits arbres, gros buissons, petits buissons, plantes herbacées et des couvre-sols, plus des plantes sous la surface et des plantes grimpantes qui occupent toutes les couches. La production de matériel végétal est étourdissante comparée à, par exemple, un champ de blé qui consiste en une seule couche de 50cm de haut.
Si seulement les forêts n’étaient faites que de plantes comestibles, quelle abondance ce serait ! Comme elles surpasseraient la production des champs de blé !
Pour atteindre cette forte production de biomasse, les forêts ne nécessitent pas d’autres intrants que le soleil, la pluie et la roche-mère qui lui sert à créer son sol. En comparaison, le champ de blé est désolant. Il a besoin d’être retourné, cultivé, semé, nourri, désherbé et débarrassé des ravageurs. Tout cela nécessite de l’énergie, humaine ou fossile. Si nous pouvions créer un écosystème comme la forêt, mais comestible, nous pourrions nous passer de tout ce pétrole.
C’est l’idée de base de la permaculture : créer un écosystème commestible. La permaculture est un système de pensée basé sur des principes éthiques et des principes de conception ayant pour but l’établissement d’un environnement productif et durable pour l’être humain. Initialement concentrée sur la production de nourriture, elle couvre maintenant tous les domaines de l’activité humaine : construction, santé, économie, technologies, etc. Elle est l’outil mental qui nous permettra d’aborder la descente énergétique de façon positive et constructive.
La permaculture est très peu connue dans l'occident riche qui peut se permettre l'irrigation et la mécanisation intensive, les engrais et les pesticides onéreux. Elle est beaucoup plus populaire dans les pays du Tiers Monde où la relative simplicité de ses principes, le peu d'outils nécessaires et son économie de l'eau et de l'énergie la rendent beaucoup plus intéressante, même vitale quand produire de la nourriture est une question de vie ou de mort. L'Occident, confronté à un futur incertain miné par les changements climatiques, la pénurie d'énergie et la paupérisation, ferait bien de s'en inspirer.
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